Trouble somatoforme

Les troubles somatoformes sont caractérisés par des symptomes cliniques d’allure médicale non psychiatrique reliés en fait à un trouble mental. Les symptômes et signes cliniques étant d’allure non psychiatrique, la démarche de santé normale de ces patients est d’aller consulter un médecin non-psychiatre. Les domaines corporels touchés sont variés (gastro-intestinal, cardiovasculaire, génito-urinaires, cutané…).

L’association de plusieurs plaintes fonctionnelles polymorphes et durables est appelé syndrome de briquet.

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Les troubles somatoformes concernent 0,5 à 2% voire  10% des consultations en médecine générale. L’âge de début se situe à la fin de l’adolescence ou chez l’adulte jeune. Les femmes sont deux fois plus touchées que les hommes. Les facteurs de stress sont des facteurs de risque.

Les troubles somatoformes ne sont pas des troubles factices ni des troubles psychosomatiques. Ces derniers sont des troubles organiques (avec une lésion identifiable) pour lesquels des facteurs psychologiques (stress) jouent un rôle prépondérant comme facteur déclenchant ou entretenant.

Il existe trois troubles somatoformes principaux :

  • le trouble somatisation (symptômes touchant plusieurs domaines corporels)
  • le trouble conversion (symptômes d’allure neurologique)
  • le trouble douloureux

Les autres troubles somatoformes sont l’hypocondrie (conviction erronée  de présenter une pathologie somatique qui persiste malgré un bilan médical approprié et rassurant) et la peur dysmorphie corporelle (préoccupation portant sur un défaut imaginaire de l’apparence physique).

L’objectif de la prise en charge est d’éviter de multiplier les investigations au-delà du raisonnable risquant de contribuer chez le patient à pérenniser le trouble, et de savoir orienter le patient sur un suivi psychiatrique. Le maintien d’une prise en charge collaborative avec le médecin orientant le patient sur le psychiatre est souvent nécessaire au début. Cette double prise en charge médicale et psychiatrique permet de rassurer le patient et d’éviter les consultations aux urgences.

La présence d’une comorbidité d’un trouble dépressif, d’un trouble anxieux, d’un trouble de l’adaptation ou d’un trouble de personnalité nécessité une prise en charge spécifique (par antidépresseurs notamment).

En l’absence de trouble psychiatrique comorbide, la prise en charge est centrée sur la relaxation et/ou une prise en charge en thérapie cognitivo-comportementale permettant l’apprentissage de la reconnaissance et la gestion émotionnelle qui permet d’améliorer les symptômes et signes cliniques en agissant sur les facteurs déclenchant et entretenant le trouble somatoforme.